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Le Jibo : concept d’un "robot" familial

lundi 21 juillet 2014, par Fred

Le Jibo, nouvelle sorte de robot produit par Cynthia Breazeal, chercheur au MIT Media Lab, développe un concept intéressant de "robot" domestique. A travers le slogan “The world’s first family robot”, il se positionne sur un marché que d’autres robots plus humanoïdes tentent aussi de conquérir, tout en se démarquant complétement de ceux-ci.
Mais s’agit-il bien d’un robot ? le Jibo ressemble plus à une sorte de tablette articulée ou à une sorte de borne interactive qu’à un robot dont on attendrait la possibilité de se mouvoir ou de saisir différents objets, comme ceux que développe pour un usage comparable - familial, individuel, par exemple, Aldebaran Robotics.
L’idée principale semble d’avoir fait le choix de réduire le mouvement autonome à sa partie la plus utile et la moins problématique dans un contexte familial déjà envahi de PC, d’écrans, de smartphones et de tablettes de toutes sortes... Et, dans un tel contexte, qui n’a pas fini par ressentir de gêne ou de fatigue en tenant longuement une tablette dans la main ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de flanquer la “tablette” d’un pied et d’une rotule intelligemment asservie… pour faire un Jibo.


Ce choix est particulièrement pertinent dans la mesure où il assujetti la question de l’autonomie à celle du contexte : ici, le contexte envisagé est celui familial, tel que forgé par des modes de communication et d’expression — d’émotion — dont les moteurs sont, exclusivement, l’image et le son. Alors le moteur le plus utile est celui-là même qui oriente la communication : la figure du robot (écran-image), ses yeux (caméras), ses oreilles (microphones) et sa voix (haut-parleur).
Le Jibo est donc, en quelque sorte, l’évolution de l’ordinateur familial (multimedia) vers une tête artificielle douée d’interaction expressive et émotive, capable de s’orienter selon la position de la source qui le commande, de réagir, de répondre, de prendre des photos, de raconter des histoires, etc. Autant d’initiatives automatisées par une suite logicielle ouverte et avec laquelle chacun est plus ou moins déjà familiarisé : émoticones, reconnaissance vocale, contenus multimedia, agendas et tout ce qui participe aujourd’hui d’un environnement familial où participent des technologies plébiscitées (téléphonie, visiophonie, chat, etc).
En mettant l’accent sur l’autonomie des seuls modes d’expression visuels et auditifs au lieu de celle du mouvement, du déplacement ou encore de la préhension, le dispositif gagne en autonomie énergétique - la plus critique - et devient ainsi parfaitement adapté à l’usage auquel il prétend. En terme de marketing, c’est un avantage concurrentiel considérable, surtout lorsqu’il implique un coût de production approchant, lui aussi, celui d’une tablette, de même qu’un développement logiciel ouvert et accessible à tous...
S’agit-il donc d’un robot ? Oui, c’est que soutient Breazeal, dès lors qu’un Jibo rend de manière autonome des services, même lorsque ceux-ci sont d’ordre immatériel : « Jibo is a very different concept of a personal robot where the focus is on human engagement and bringing content, apps, services ’to life’ beyond flat screens » (cf. Wired, 18 juillet 2014)...